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« Es-tu celui qui doit venir ou devons-nous en attendre un autre ? »


Voilà la question qui résonne au coeur de la liturgie de 3e Dimanche de l’Avent appelé « Dimanche de la Joie ou Gaudete » ; joie que le jour de la venue de l’Emmanuel est tout proche ; joie d’une présence qui est un « déjà-là » et un « pas encore-là ».
En effet, cette question : « Es-tu celui qui doit venir ou devons-nous en attendre un autre ? » avait été posée par Jean Baptise le précurseur du fond de sa prison ; prison dans laquelle Lui, la Voix qui portait le « logos » (le Verbe de Dieu) et qui invitait à la conversion, avait été mis à cause de la vérité et de sa droiture.
Cette question a un ton d’une déception ou tout au moins d’un reproche poli au Christ. Également, elle a traversé des siècles et se pose encore aujourd’hui dans des circonstances douloureuses, où même le croyant se surprend d’accuser Dieu : « Pourquoi moi ? Si Dieu existe et qu’IL est un Père qui nous aime, pourquoi souffrir alors ? Pourquoi devrions-nous toujours croire en ce Dieu qui semble ne pas soucier de nos sorts ? (…) ». Autant de questionnements qui traversent et traverseront toujours nos esprits.
Bien-aimés du Seigneur, aujourd’hui au delà de tous ces « pourquoi », je vous inviterais plus à orienter les regards aussi sur toutes ces mains secourables que Dieu nous tend dans des situations et qui passent souvent inaperçues. Dieu nous aime et en Jésus-Christ, cette réalité est beaucoup plus saisissable que jamais à l’Homme. Il est l’ami fidèle et tendre, le tout proche. Voilà pourquoi, lorsque Jésus fut interrogé au sujet de son silence, il ne répond pas mais invite plutôt à ouvrir les yeux pour lire au-delà des apparences les signes de son identité et de sa venue.
Alors, sans vouloir toutefois écarter les difficultés, il serait bon de signifier qu’Être Chrétien, ne signifie pas forcément être immunisé contre le mal, la souffrance ni même les persécutions.
Le Christ est venu certes pour nous donner la vie de Dieu mais pour nous apprendre aussi à vivre au coeur de toutes ces difficultés. La foi ne rend personne invulnérable.
Ainsi, ne cherchons pas à voir en Dieu, Celui qui doit se manifester forcement au sein de notre monde à travers des signes éclatants. Dieu n’est pas un justicier dont la colère implacable foudroie le pécheur ; il est au contraire amour et bonté. Son silence, loin alors d’être le signe
d’une impuissance devant le mal révèle sa patience et sa confiance en
l’homme.
En Dieu et par le Christ, il y a surabondance de Vie, d’Amour qui comble, de paix et de joie. Il est le chemin d’un renouvellement intérieur. À nous, d’accepter son message et d’épouser sa vie pour en découvrir le bonheur qui s’y trouve.
Bon dimanche de la Joie.
« Dieu veut ton bonheur, ose alors le pas »

P. René TCHALAGASSOU