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Viens guérir nos lèpres !


Il ne se passe pas une journée sans que nous soyons confrontés à un besoin de réconciliation profonde avec nous-même, quand cela n’est pas le cas avec les autres et le Tout Autre.
Par essence l’homme, même s’il est image et ressemblance de son créateur, est rempli de faiblesses. Celles-ci ont pu s’insinuer en lui au travers de son histoire de croissance.
Parmi ces choses qui nous font mal et nous détruisent, si les blessures extérieures sont traitées par la médecine, il reste des cicatrices plus profondes qui nous empêchent d’être tout à nous-mêmes, aux autres et à Dieu.
Dans l’Évangile qui est proposé à notre méditation ce dimanche, nous est racontée la guérison des dix lépreux. Nous pouvons lire ce texte à plusieurs niveaux de profondeur.
Premièrement, nous ne pouvons être qu’admiratif de ce cri unanime qui jaillit du tréfonds de ces dix hommes défigurés certainement par la maladie, exclus de toute vraie relation et réduitde ce fait à une « sous-vie » qui a achevé de les déposséder de ce qu’ils ont de plus cher : leur dignité.
Cette capacité de crier de façon éperdue vers le ciel, vers Jésus, sans faux semblants, sans artifice, avec toute leur totalité nous interpelle. Comment ne pas prendre pour nous ce cri qui est simultanément de désespoir, d’espérance et d’angoisse, face à tous nos maux qui encore et encore nous défigurent sans cesse ?
Mais vers qui crions-nous notre révolte ? Notre incompréhension ? Notre désir d’être guéri ? Comment le crions-nous ? Existe t-il encore dans nos ténèbres une once d’espérance envers Celui-là qui est capable de nous donner plus que nous n’osons demander ?
Ainsi, la conscience aiguë de notre pauvreté loin de devoir nous enfermer dans une révolte sans Dieu nous ouvre à l’impossible de Dieu.
« Allez -vous montrer au prêtre » Ce miracle ou mieux cette « Parole » de Jésus qui restaure les lépreux dans leur totale intégrité nous est aussi adressée. À nous qui sommes sou- vent tentés de nous sauver par nous même.
Accepter d’être pauvre, fragile et dépendant de la Source ultime de toute vie ; Source qui nous recrée sans cesse à son image même à travers les chemins les plus inattendus. Quand il veut et comme il veut. Oui, que sa volonté de gloire en nous s’accomplisse.
Alors seulement peut jaillir la louange et l’adoration pure du moment où tout est abandonné, offert et espéré par delà toutes les apparences. Car même si notre faiblesse ne le voit pas un renouvellement intérieur alors commence.
Ce Dimanche nous rappelle qu’il existe dans l’Église un sacrement de guérison qui s’appelle la confession. Lieu de d’exaltation de l’amour de Dieu qui nous traverse et nous saisit malgré toutes nos blessures.
Aurions-nous l’humilité d’écouter les appels incessants de notre cœur qui nous pressent de nous laisser purifier par cet amour qui nous guérit, nous bénit et nous recrée ?

Père Patrick Anaba

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