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Servir, c’est régner


La solennité du Christ, Roi de l’Univers marque la fin de l’année liturgique. Dans une semaine, nous commencerons une nouvelle année, pendant laquelle l’Évangile de Luc sera lu chaque Dimanche. Cette fin d’année nous incite d’abord à rendre grâce pour le temps précieux qui nous est donné. Nous sommes invités à relire ce que fut cette année : Qu’avons nous découvert ? Quelles grâces avons-nous reçues ? L’année qui s’ouvre nous incite à envisager l’avenir : Quel projet le Seigneur a-t-il pour chacun de nous ? Et pour nos communautés ?
Ces questions ont leur importance, car, en régime chrétien, le temps est orienté vers l’éternité. Le temps païen est cyclique et fermé sur lui-même, au contraire, l’histoire chrétienne est tendue vers le Christ, Alpha et Oméga (Ap 21, 6). Aussi bien, le temps est un talent précieux qui nous est confié. Surtout, ne l’enterrons pas (Mt 25, 18) ! Au contraire, faisons-le fructifier pour atteindre le but de la vie chrétienne, qui se résume en mot : la sainteté, rappelée par la récente fête de la Toussaint.
L’Évangile de Jean montre Pilate en dialogue avec Jésus. La royauté du Christ échappe au gouverneur de Galilée. Et d’ailleurs la fin tragique du Seigneur semble nier Sa royauté. Jésus a une Croix pour trône, un roseau pour sceptre, des outrages pour tout hommage. Sa cour est dérisoire, réduite à deux malfaiteurs, à sa mère éplorée et à un Apôtre fidèle. Oui, pour les yeux de chair, la royauté du Christ est incompréhensible et même absurde.
Et pourtant, au matin de Pâques, le Christ a reçu tout pouvoir du Père, Il est devenu « Roi des rois et Seigneur des seigneurs » (Ap 19, 16), en recevant le Nom « au dessus de tout nom » (Ph 2, 9). Cependant, tout cela n’est perceptible que par la foi.
Car Jésus n’est pas venu trouver Pilate et les chefs des prêtres pour se montrer vivant. Le Christ n’impose pas Sa royauté : Il la révèle à ceux qui s’approchent de Lui dans la confiance.
Aujourd’hui, le monde serait étonné d’apprendre que Jésus-Christ est le Roi de l’Univers. Et beaucoup, peut-être, se scandaliseraient, car notre monde est en grande souffrance. C’est l’argument classique de l’athéisme : « Si Dieu existait, il n’y aurait pas tant de mal. » Il faut entendre ce cri, mais l’homme oublie d’envisager une hypothèse : que le mal vienne de lui.
Et c’est peut-être là que ce joue notre intelligence du Mystère de la Royauté du Christ. Le royaume de Dieu n’est pas visible et surtout il ne s’impose pas. C’est par ses sujets, c’est-à-dire, nous, les chrétiens, que ce Royaume se manifeste et peut s’étendre. Si donc nous voulons faire connaître le Christ Roi à ce monde, nous le pourrons en prolongeant le geste du lavement des pieds : « A ceci tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples : si vous avez de l’amour les uns pour les autres. » (Jn 13, 35). Aussi bien, tant que nous ne donnons pas de preuves concrètes d’amour, notre témoignage sera creux : « n’aimons ni de mots ni de langue, mais en actes et en vérité. » (1 Jn 3, 8).
L’année liturgique qui s’ouvre verra la célébration de la démarche Diaconia 2013. En cette grande fête du Christ Roi, puissions-nous être relancés dans notre vocation baptismale, dans notre charge royale qui est de servir. Or, « servir Dieu, c’est régner. » (S. Thomas More). Oui, nous serons témoins et artisans du Royaume par nos gestes de service. En cela, sachons découvrir qu’il y a plus de bonheur à donner qu’à recevoir (Ac 20, 35).

Père Matthias Amiot

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