Prendre sa croix


Le chapitre 9 de saint Luc fait partie des passages importants de son Évangile car il y est question de l’interrogation de Jésus à ses disciples concernant sa personne (« pour la foule, qui suis-je ? (…) pour vous, qui suis-je ? »), de la souffrance annoncée du fils de l’homme, mais aussi parce qu’il y a cette recommandation générale qui nous touche directement ( nous, disciples de tous les temps) : « Celui qui veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix chaque jour, et qu’il me suive ». Essayons de comprendre ce dernier point en posant la question suivante : comment interpréter encore aujourd’hui l’expression : « Qu’il prenne sa croix chaque jour, et qu’il me suive » ?

Rappelons-nous qu’avant d’être une expression de l’identité chrétienne, un signe de l’amour du Christ pour Dieu et pour les hommes et, de ce fait, de la puissance et de la sagesse de Dieu (1Co 1, 24), la croix est un instrument de torture et de supplice jusqu’à la mort pour un condamné. Elle est un message de malédiction : « Maudit soit celui qui est pendu à un arbre » (Ga 2, 13). En effet, la croix est à la fois « un message scandaleux pour les juifs et une folie pour les non juifs (les sages grecs) » (1Co 1, 23). N’est-il pas absurde de prendre sa croix et de suivre le Christ dans ce cas ?

Bien sûr que non. Le sens chrétien de la croix ne nous donne pas le droit d’être un doloriste, ami de la souffrance et de la mort. Nous n’allons pas vers la souffrance et la mort. Nous ne les inventons pas. Nous les subissons, nous les accueillons afin de les accepter librement. Notons que nous ne sommes pas seuls dans cette entreprise. Jésus ne nous a pas dit : « Qu’il prenne sa croix » tout court. Non, il a rajouté la conjonction « et » que nous oublions souvent : « et qu’il me suive ». Donc, notre croix, c’est-à-dire l’ensemble de nos souffrances physiques, morales et spirituelles n’a de sens que par rapport au Christ cloué sur la croix. Notre croix est, peut-être, lourde à porter mais si elle est associée à celle du Christ, elle devient salutaire aussi bien pour nous que pour les souffrances de toutes sortes dans monde.

Bon courage pour la suite… et bonnes vacances.

P. José HERIMBOLA
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